Extrait de l’interview de l’ancien directeur de l’information de la télévision publique danoise, directeur et cofondateur du Constructive Institute à Aarhus :

 

Les médias sont-ils responsables?

– La manière dont ils filtrent l’actualité prépare le terrain à des personnalités comme Trump. Nous ne racontons que ce qui ne marche pas. Cela ne veut pas dire que nous mentons, mais nous ne brossons pas un portrait complet de la réalité. Car la réalité de la planète n’a jamais été aussi positive. La criminalité est en baisse, le nombre d’accidents de la route a baissé. Dans l’histoire de l’humanité, il n’y a jamais eu aussi peu de morts dus à la guerre, et ceci malgré la tragédie syrienne. Mais les gens ne le savent pas. Ils pensent plutôt que les choses vont de mal en pis. Or quand ils vont voter, ils ne se basent pas forcément sur des faits, mais sur ce qu’ils pensent des faits.

C’est pourquoi nombre de candidats à des fonctions politiques ne s’embarrassent pas de communiquer les faits. Ils se contentent de véhiculer la perception qu’ils souhaitent inculquer au public. Ce décalage s’accroît et est très dangereux pour la démocratie et le journalisme. Il révèle l’échec des journalistes. Un jour, Carl Bernstein, le journaliste du Washington Post qui enquêta sur le Watergate, m’avait dit: le journalisme consiste à chercher et à donner au public la version la plus proche de la vérité. Il est temps de changer de culture médiatique.

 

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