Se présenter comme étant « indépendant » et « scientifique », mais œuvrer en vrai pour du lobbying ultra libéral…

 

Tout, dans la présentation de l’Ifrap, est voué à asseoir cette image d’une institution objective, aux méthodes scientifiques, qui produirait un contenu de référence. Ses salariés sont présentés comme des « chercheurs », chargés d’ « analyser » les politiques publiques. (…) Cette présentation a tout du coup de génie marketing, puisqu’elle légitime et crédibilise l’Ifrap en tant qu’interlocuteur indépendant pour les médias. (…)

Dès 2011, Franck Ramus, directeur de recherche en sciences cognitives au CNRS et professeur à l’ENS, s’interrogeait sur son blog sur le caractère « scientifique » des travaux de l’Ifrap. Il expliquait d’abord que la qualité de « chercheur » en économie répond à des critères bien précis : « Les chercheurs, pour que leurs travaux soient diffusés et servent à quelque chose, doivent les publier dans des revues internationales à comité de lecture. Pour être publiés, leurs articles doivent être expertisés par d’autres chercheurs en économie parmi les plus compétents sur le sujet, dont le rôle est justement de faire ce travail de vérification des sources et des analyses (…) C’est ce processus d’expertise par les pairs qui assure que les articles publiés dans les revues scientifiques offrent un niveau minimal de qualité méthodologique. C’est à ce seul prix que la connaissance peut avancer.» L’universitaire relevait donc que les « chercheurs » auto-proclamés de l’Ifrap n’ont jamais publié d’article scientifique.

Article à retrouver sur le site Marianne