Un article du Monde qui explique en quoi la circulation des informations mensongères est amplifiée par des pages peu scrupuleuses.

Derrière la circulation de fausses informations se cache bien souvent une mécanique bien huilée. Les données colligées par Le Monde au cours des derniers mois montrent, en effet, que des pages Facebook à forte audience sont responsables d’une bonne partie de la circulation de contenus mensongers sur la plate-forme. En dévoyant les mécanismes qui régissent le réseau social, elles parviennent à diffuser massivement des contenus mensongers qui seraient restés beaucoup plus confidentiels sans leur intervention. (…)

Le fait d’utiliser des grosses pages Facebook pour accroître son audience n’a rien de problématique en soi. (…) Les mécaniques à échelle industrielle mises en évidence par notre enquête posent néanmoins plusieurs questions.
-> La responsabilité
D’abord, le peu de responsabilités de ces grandes pages Facebook vis-à-vis des contenus qu’elles publient. (…) les propriétaires de ces communautés sont bien souvent anonymes.
-> Des pratiques agressives
Beaucoup de ces pages ont utilisé des méthodes sauvages pour acquérir des abonnés (ce qui conduit d’ailleurs ponctuellement à la fermeture par Facebook de certaines d’entre elles). La plupart des contenus qu’elles diffusent viennent de sites eux-mêmes peu recommandables, avec des contenus copiés et collés d’autres sites, des articles divisés artificiellement pour forcer l’internaute à consulter plusieurs pages sur le site, des titres sensationnalistes qui ne correspondent pas au contenu des articles, des publicités intrusives, voire des boutons, qui forcent à partager l’article sur les réseaux sociaux pour pouvoir le lire.
-> Un titre trompeur
Enfin, l’objet même d’une bonne partie de ces pages relève dans bien des cas, par essence, de la tromperie. Créées pour amuser les internautes il y a plusieurs années sous des noms humoristiques, ce qui leur a permis d’attirer des centaines de milliers d’abonnés sans grand effort, elles ont ensuite changé du tout au tout pour devenir « pièges à clics », développant un business dont la plupart de leurs abonnés n’ont pas conscience.

Lire l’article original sur le site du Monde